Arthur Gillet. Photo : Nantene Traoré
Conçu en collaboration avec Olivier Renaud-Clément, Hauser & Wirth Invite(s) occupe le deuxième étage de notre espace parisien et accompagne notre programme d’expositions présentées au rez-de-chaussée et au premier étage.
Cette initiative reflète l’engagement de Hauser & Wirth, qui oeuvre depuis de nombreuses années à tisser des relations fécondes dans les lieux où la galerie travaille. En collaborant avec des artistes (ou estates) qui pourraient bénéficier d’une plateforme complémentaire, avec des galeries de différentes échelles, ainsi que des auteur·rices s’adressant à des publics multiples, Hauser & Wirth contribue activement au développement d’un écosystème artistique durable et inclusif. En invitant des artistes, des galeristes et des auteur·rices dans nos espaces à Paris et à Zurich, nous apportons une plus grande visibilité à leurs oeuvres et à leurs idées, tout en cultivant une dynamique d’échange avec la foisonnante communauté créative de la ville.
L’exposition est ouverte jusqu’au samedi 26 septembre.
Rejoignez-nous pour le vernissage le jeudi 3 septembre, 18.30h – 20.30h.
Arthur Gillet, La naissance de l’écriture, 2026 ©️ Arthur Gillet
Arthur Gillet, Le Regard, 2026 ©️ Arthur Gillet
« Tandis que je peins sur des feuilles de cuivre à l’intérieur de l’ancienne villa d’Enver Hoxha, je ne cesse de me demander ce que je fais là, moi, un Français. J’ai grandi dans une famille de personnes Sourdes. La langue des signes ayant été interdite en France pendant plus d’un siècle, notre communication tenait autant à notre inventivité qu’à ce qui nous manquait. Souvent, les images allaient là où les mots ne pouvaient pas. Les technologies censées nous relier devenaient aussi des lieux où se logeaient espoirs, peurs et fantasmes. C’est à travers ce prisme que j’ai rencontré l’Albanie.
Le cuivre porte en lui ces histoires. Arraché à la terre, c’est l’un des plus anciens matériaux de l’humanité. Assez malléable pour être gravé, assez conducteur pour transporter l’électricité, la voix et les images sur de longues distances, il relie les personnes depuis des siècles tout en alimentant les infrastructures énergétiques. Aujourd’hui, il est la surface sur laquelle je peins.
Arthur Gillet, Aftaluna (Gaza), 2026 ©️ Arthur Gillet
Arthur Gillet, La prison, 2026 ©️ Arthur Gillet
À propos de Arthur Gillet
Arthur Gillet (né en 1986) est un peintre qui fabrique des objets. Son travail explore la nature ambivalente du langage et de l’identité, leurs fragilités, les contraintes des normes et les stratégies de suradaptation qui en découlent. Ces thématiques le traversent depuis l’enfance, auprès de ses parents sourds, confrontés à la schizophrénie, dans une cité HLM de la périphérie rennaise. Il grandit au moment où la révolution de l’information bouleverse les modes de communication, entre l’arrivée d’Internet, des smartphones et le travail de son père dans une usine de fabrication de téléviseurs et de caméras.
La peinture constitue pour lui un espace de communication, de traduction et d’autodétermination. Nourrie par les pratiques de la contrefaçon, du travestissement et du passing (de genre comme de classe ou de validisme), sa démarche dialogue avec l’histoire de l’art tout en la déplaçant depuis des expériences situées. Elle s’appuie également sur la psychanalyse, les études CODA (Children of Deaf Adults) et une réflexion politique issue de ses engagements féministes, queer et sociaux, en écho à ceux de sa mère au sein du Réveil Sourd.
En 2024, il présente à l’Institut français de Berlin une fresque monumentale peinte sur soie de vingt-cinq mètres, accompagnée d’une déambulation commentée en langue des signes avec sa mère. Son exposition personnelle CODA, à la galerie S, poursuit cette recherche autour de ses peintures sur bois et est remarquée par Le Quotidien de l’Art. Il expose actuellement au Grand Palais accompagnant l’exposition consacrée à Hilma af Klint.
À propos de La collective Greater Paris
On est un ensemble aux contours incertains. On se compose d’humain·es et de non humain·es. On se connaît depuis la nuit des temps, et, depuis 2024, on prolonge la conversation par des expositions. On n’a pas d’identité légale et on pourra changer de nom. On est un groupe d’affinités — au sens où l’entendaient les mouvements activistes notamment de lutte contre le VIH-sida. On rassemble en solidarité diverses pratiques, obstinations et formes de survie dans le champ artistique.
À propos de Patricia Falguières
Patricia Falguières a été professeure à l’École des hautes études en sciences sociales, Paris, jusqu’en 2024. Ses travaux ont porté sur la philosophie et l’art de la Renaissance, sur le Maniérisme. Elle a publié de nombreux essais dont ‘Les Chambres de merveilles’ (2002) et les éditions françaises de ‘Le style rustique. L’emploi du moulage d’après nature chez Wenzel Jamnitzer et Bernard Palissy’ d’Ernst Kris (2005), et ‘Les cabinets d’art et de merveilles de la renaissance tardive’ de Julius von Schlosser (2013). Ses travaux portent actuellement sur la ‘technè’ à la Renaissance et l’inscription des arts dans l’ordonnance aristotélicienne des savoirs. Parallèlement elle intervient régulièrement par ses articles, ses essais, ses éditions critiques, dans le champ de l’art contemporain et, de 2006 à 2024, a dirigé à l’EHESS, avec Elisabeth Lebovici et Natasa Petresin-Bachelez le séminaire ‘Something you should Know : Artistes et Producteur.ices aujourd’hui’. Elle est membre de ‘La Collective Greater Paris’.
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